Voyage à Biella

Les 16 et 17 janvier, nous sommes allés au pays qui transforme la toison en fils à tricoter, l'Italie. Organisé à l’initiative d'un industriel Allemand spécialiste des fibres animales et de la Maison de la Transhumance située à Salon de Provence dont l'objet est la mise en commun des compétences, savoirs et savoirs-faire pour défendre la pratique de la transhumance, ce séjour avait pour but de découvrir, pour certains, et d'approfondir, pour d'autres, des connaissances liées à la filière laine, de l'arrivée des toisons en suint, aux tissus réalisés à partir de la laine ainsi transformée. Nous étions un groupe de 18 personnes, éleveurs pour la plupart, dont l'activité pastorale est située sur les départements du Vaucluse, du Gard et des Bouches du Rhône.

L'industrie textile de Biella ne remonte pas à hier, puisqu'on trouve mention des filatures aussi loin que dans des documents du XIII ème siècle. Cela s'explique par la situation géographique idéale de Biella, enclavée dans les contreforts des Alpes qui procurent pâturages pour les moutons et eau pure pour le lavage, la teinture et les autres étapes de la transformation de la laine. Malgré les vagues de délocalisation de ces 30 dernières années, on trouve encore de nombreuses filatures et ateliers textiles à Biella.

Toutes les opérations de transformation de la laine ne se font pas au sein de la même unité (il y a près d'une dizaine d'opérations différentes pour faire le lien entre la toison et le fils à tricoter). Mais la Province de Biella a l'avantage de concentrer sur un territoire relativement restreint (une quarantaine de kilomètres), l'ensemble des unités permettant d'aboutir au produit final, ce qui n'est par exemple plus le cas en France où il faut parcourir des centaines de kilomètres pour effectuer chacune de ces opérations.

Nous avons donc pu visiter quelques unes de ces unités qui recouvrent les opérations de lavage, cardage, peignage, filature et tissage.

Les éleveurs ayant participé à ce séjour ont à cœur de valoriser la laine de qualité produite par leurs brebis et c'est autour du projet "La Routo", qui est un programme européen ayant pour objectif la création d’un réseau transfrontalier de valorisation des métiers, des produits et du patrimoine de la transhumance, que nous nous réunirons dans cet objectif commun.

Lavage et cardage de la laine

La laine une fois tondue et après avoir été triée pour ne garder que les mèches les plus longues, arrive en suint et sale, le suint étant la matière grasse produite par les brebis en même temps que la laine et les saletés étant végétales, principalement liées au mode de vie des brebis menées aux pâturages. La première étape de la transformation de la laine passe par le lavage de celle ci. Le lavage de la laine se pratique dans des machines industrielles qui respectent les caractéristiques de la laine : il ne faudrait pas la brûler ou lui infliger un traitement trop agressif. On sèche ensuite la laine, en veillant à ce que la température dans les locaux reste assez élevée pour que le gonflant de la laine puisse donner tout son potentiel. Arrive ensuite le cardage ou le peignage (selon la longueur des fibres de la laine utilisée). La fibre est passée dans des machines avec des dents interchangeables (= les peignes, qu’on change régulièrement car ils s’émoussent avec le temps). Le peigne va nettoyer la laine de ses impuretés, mais également ôter de la laine les fibres trop courtes, impropres au filage.

Filature de la laine

Il faut ensuite filer la laine : le ruban peigné obtenu à l'étape précédente est étiré jusqu'à former ce qu'on appelle un fil mèche. Cette mèche de laine est encore très fragile et se casse lorsque l'on tire dessus. Il faudra étirer encore cette mèche tout en la tournant pour lui apporter finesse et solidité. Le fil de base ainsi obtenu sera retordu en autant de fois que l'on souhaite pour obtenir le fils du diamètre souhaité. Le fils ainsi obtenu est passé dans une étuve ou pression et vapeur vont fixer le retord.

Pour en savoir plus:

Maison de la Transhumance:

http://www.transhumance.org/

La Routo:

http://www.larouto.eu/